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| Nous sommes heureux de vous présenter un tableau, par région française de ces confréries accompagné dun commentaire savoureux. |
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le nom pour la confrérie |
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| ALSACE La confrérie Saint-Étienne d'Alsace Colmar (Haut-Rhin) |
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| Lorsquon
évoque les mots Confréries ou Ordres on entrevoit un monde
mystérieux laissant penser à un groupement de personnes
repliées en vase clos. Il nen est rien heureusement. De
nombreuses confréries vineuses existaient déjà
au Moyen Age et bien avant.
Leur but était surtout lentraide confraternelle, mais certaines veillaient déjà à la qualité et à lhonnêteté du vin. Les Confréries vineuses veulent jeter un sourire sur nos angoisses inavouées. Si elles sinspirent de témoignages du temps révolus, cest pour ne pas laisser se rompre tout à fait le lien qui nous unit au passé. Elles se veulent moralisatrices, humaines et philosophes. Les Confréries vineuses de France par leur joie de boire et par leur nom même, évoquent la tradition des banquets bien arrosés des Grecs et des Romains. Elles sinterdisent formellement toutes discussions politiques ou religieuses et nont aucun but lucratif. Les Confréries ont pour but dassurer la promotion des villes, villages et régions vitivinicole-gastronomiques en les faisant mieux connaître. Elles sont aussi, une véritable page de lhistoire de France. Bon sens, Intelligence, Courtoisie sont les facteurs permanents entre tous les intronisés. Leurs manifestations se déroulent selon un schéma bien établi : chapitres, intronisations, banquets généreusement arrosés des crus locaux et divertissement folkloriques. Le rôle de ces nombreuses confréries est indéniable : elles ont appris au public français et étranger à mieux connaître et apprécier les vins de France. |
En
1971, au 119, rue Frère résidence du Docteur Jean-Max
Eylaud à Bordeaux Gironde, la fondation de l« Ordre
du Mérite nophile », né de lidée
de lAssociation des Médecins Français Amis du Vin,
avait pour but de regrouper tous les professionnels amateurs de vin
nexerçant pas la profession médicale. Cet Ordre
a permis dorganiser neuf tournées vinicoles gastronomiques
couronnées de succès, grâce à la collaboration
de deux Québécois, feu labbé Bertrand POMERLEAU
et feu le docteur Samuel LETENDRE. Ma profession de journaliste maître-nophile
ma fait bénéficier de laccueil privilégié
dans un grand nombre de ces confréries. Lhonneur et la joie, davoir été intronisé dans le monde passionnant de ces importantes confréries bachiques, ( dont beaucoup sont rattachées à lHistoire de France ) représentent quarante années de ballades et détudes sur lnophilie dans les riches provinces culturelles de la France profonde et gastronomiques à côtoyer les artistes-vignerons dotés dune hospitalité chaleureuse et proverbiale. Depuis quarante ans, ma route de « pèlerin-chroniqueur » de la presse vinicole, gastronomique et touristique croise et recroise les chemins du vin fin. Verre en main, jai tasteviné beaucoup de crus célèbres, il est donc réjouissant dêtre lheureux adoubé de ces ordres au service dune harmonieuse « qualité de vie ». Jean Claude Denogens Fondateur et Grand Chancelier De LOrdre du Mérite nophile |
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| Costume:
Manteau rouge et chapeau noir.
Insigne: Bariller avec ruban et couleur selon le grade. Devise: « Nul ne peut être Confrère de Saint-Étienne sil naime la joie, la bonne chère et le vin dAlsace ». Cest sans doute la plus ancienne confrérie vineuse connue, puisquelle existait déjà au XIVe siècle, à Ammerschwihr. Elle a revu le jour après la Seconde Guerre mondiale, en 1947. Trois degrés sont prévus, que doivent franchir successivement les postulants : apprenti, compagnon, maître. Il est cependant prévu une catégorie spéciale, hors cadre, celle de « confrère dhonneur », réservée aux personnalités officielles que lon veut honorer et qui sont dispensées des épreuves probatoires. Elle est une des rares Confréries où il ne suffit pas daimer le vin, mais où il faut surtout le connaître pour être admis en son sein. Extrait de Petits Hymnes à nos Grands Vins de lami et poète Eylaud. Vins dAlsace, légers et clairs qui vous sentez forts de savoir derrière vous toute lâme vibrante de la France, coulez des collines inspirées, face au Rhin, courageusement. Nous vous défendrons parce que vous avez lesprit fier et grave ; que toute notre gloire est dans votre vie majeure et resplendissante faite de pardon, non de haine. Rien ne saurait vous séparer de nous et notre histoire a besoin de votre parfum capiteux pour éveiller ou endormir le berger gardien de son troupeau national. Il faut au ciel les orages pour que lon puisse mieux apprécier les charmes des éclaircies bienfaisantes. Les cigognes vous pleurent du haut des clochers de Strasbourg et des cheminées de Colmar quand on vous arrache à votre sol natal, piétiné par tant de passages conquérants. Aussi, quittez-vous vos postes dobservations à regret quand un danger vous menace. Vous avez aiguisé le crayon dHansi et dicté à Rouget de Lisle les accords libres de la Marseillaise toujours prête à vous entraîner aux combats libérateurs. |
![]() Costume de Saint-Étienne dAlsace |
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![]() Grand rassemblement des confréries vineuses de France (photo archives)
Banquet des confrères de Saint-Étienne dAlsace, au Château de Kientzheim, Kaysersberg, délégation des nophiles du Québec. (photo archives) |
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| Conseil
des échansons de France |
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| La
prestigieuse fonction déchanson a toujours existé
en France, et de tout temps elle a été hautement considérée.
Cette charge existait en Égypte. En France, le premier échanson
dont le nom nous soit connu est sans doute saint Benoit dAniane
( qui devrait être patron de cette confrérie ). Fils dAigulfe,
comte de Maguelone, il avait été échanson de Pépin
et de Charlemagne, avant de devenir abbé et premier réformateur
de lOrdre de Saint-Benoit. Échanson ou Grand Bouteiller sont synonymes, et les deux fonctions se confondent. Léchanson, est selon une antique tradition, celui qui verse à boire. Le mot échanson nous viendrait du germanique « scencan », verser à boire, « scenco », celui qui verse à boire. Léchanson, qui avait un certain nombre dofficiants ordinaires sous ses ordres, disputait le pas au connétable. Il avait « bouche à la Cour », cheval de livrée, desserte de la table royale. Grands seigneurs, princes de lÉglise, comptèrent tous des Bouteillers ou Échansons dans leur train de maison. Bouteiller, échanson, le titre comme la fonction ont disparu. Et dans une certaine mesure, les courtiers, négociants-éleveurs, représentants sont devenus les échansons modernes. |
Le
Conseil des Échansons se définit comme une sorte de synthèse
de toutes les Confréries vineuses de France. Sa devise « Le bon vin fortifie le corps de lhomme » « Bonum Vinum laetificat cor hominum ». Cest sous son égide que sest organisée « la Confédération Internationale des Confréries Bachiques », qui unit à de grandes Confréries de France celles des autres pays viticoles. Au cours de nos nombreux pèlerinages aux sources du vin des terroirs français, nous avons réciproquement tenu un chapitre haut en couleur avec les dignitaires du Conseil des Échansons de France. Lors de ce chapitre privé, cétait le 13 septembre 1978 a Paris, les dignitaires du grand Conseil de lOrdre Du Mérite nophile, le Docteur Samuel Letendre Grand Maître, lAbbé Bertrand Pomerleau Grand Prieur et le Grand chancelier fondateur Jean Claude Denogens, furent intronisés dans la dignité de « Compaignon » du Conseil des Échansons de France. Comme le Grand Chancelier de lépoque M. André Bonin ne savait rien faire a moitié, nous avions eu droit à l honneur et la visite de la rue Sainte-Rustique, à Montmartre avec repas vigneron dans lAuberge de la Bonne Franquette et une visite historique de la vigne de Montmartre, au pied de la basilique et au cur de Paris. |
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Costume: d'inspiration Louis XI, grande robe lie de
vin. Insigne: Médaille aux armes du Conseil porté en sautoir par une chaîne. Devise: Le bon vin fortifie le corps de l'homme. Être invité ou reçu dans une confrérie bachique, cest là-côté folklorique, coloré, joyeux et quel que peu insolite du vin. En France, on en dénombre plus dune centaine intronisant bon an mal an une dizaine de milliers de compagnons ou de chevaliers. Ces confréries ont proliféré au cours de ces dernières décennies. Lors de mon arrivée dans la belle Province du Québec en septembre 1963, il y avait deux a trois confréries et trois clubs gastronomiques. En 2009, elles se compte par dizaines. Le profane nen connaît guère que les apparats vestimentaires hauts en couleurs et le cérémonial étrange des intronisations ponctuées par des symposiums généreusement arrosés. Chaque confrérie ou ordre a son rituel, son hymne, sa devise et sa lithurgie gaillarde, ses insignes, colliers et diplômes, ses costumes, grande robe, capes, chapeaux, bavettes, cravates ou tabliers. Chacun a ses dignitaires qui ont nom Grand Chancelier, Grand Maître, Grand Argentier, Grand Échanson, Grand Prieur, Grand Écuyer, Grand Connétable, Grand Camerlingue, Grand Cellerier, Grand Héraut, Grand Historiographe, Grand Archiviste, premier Jurat, Prévost ou plus suggestif encore, Officier de Bouche et jen passe. Dans le rang des récipiendaires intronisés lors des chapitres, figurent chevaliers, compagnons, échansons, prévosts, nophiles émérites, pairs et baillis. Les femmes y sont de plus en plus admises : Gentes Dames, Gourmettes, Dame Chanoinesse. Que dire des confréries vineuses sinon quelles ont leurs adeptes et leurs détracteurs. Mais leurs adeptes se plaisent à souligner le sérieux et linfluence bénéfique des confréries et ordres bachiques pour le grand renom des vins de France. Après tout, elles sont dhumeurs joviales, ne vit-on pas dans un siècle et dans un monde où il convient dattraper toutes les occasions de rire un bon coup. Donc ne soyons ni constipés, ni pisse-vinaigre, à propos des confréries vineuses, car leur activité bénévole participe à la propagande et au rayonnement des bons crus de France. Tantôt acteur, tantôt, spectateur, jai pu observer des tirades et harangues digne du Grand Molière ou du savoureux Rabelais. Limpétrant ne sollicite jamais son titre, il est « vivement pressenti ». |
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| Costume
dinspiration Louis XI, grande robe lie de vin, médaille
aux armes du Conseil portée en sautoir par une chaîne,
tenue jadis des Échansons de France. |
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| En quarante
ans, jai été adoubé quelque trente fois,
cest le plus aimable défilé dans le passé
pour moi, grand amoureux de lhistoire de France. Quelques-unes
de ces confréries ont racine dans les siècles vécus
et peuvent se parer denviables titres de noblesse. |
La « Confrérie Saint-Etienne Alsace » ( Haut-Rhin ), vit le jour au XIVe siècle à Ammerschwir, un des hauts lieux du vignoble. Un festin pantagruélique réunis le 26 décembre, jour de Saint-Etienne, ses honorables membres, doù le nom donné par la suite à la Confrérie. Et alors mon coin natal, du Périgord pourpre et or, le saviez-vous ! la franchise de la Ville de Bergerac fut confirmée en 1254 par Henri III Roi dAngleterre, régnant alors sur le Périgord. La cité est sagement administrée par les Consuls qui avaient autorité sur toute la vinée. Quimporte que Bergerac ne soit pas exactement la ville natale de Cyrano! Le « Consulat de la Vinée de Bergerac » (Dordogne ), tient aujourdhui, ses assises dans lancien couvent des Récollets tout imprégnée des siècles passés, édifice restauré par le Comité Interprofessionnel du Vin de la Région de Bergerac. « La Commande Majeure du Roussillon » ( Pyrénées-Orientales ), revendique la lettre patente du 26 juillet 1374 par laquelle le roi Dom Pierre IV dAragon instituait lOrdre des gardes du Privilège,élus par les Consuls des communes vigneronnes du Roussillon. (Texte et photo collection de lauteur) |
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![]() Le
Conseil des Échansons de France. Musée du Vin Rue des
Eaux 75016 Paris, Grand Chancelier M. Claude Josse (photo archives)
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De
gauche à droite M. André Bonin Grand Chancelier du Conseil
des Échansons, dans son costume dinspiration Louis XI,
grande robe lie de vin. Médaille aux armes du Conseil portée
en sautoir par une chaîne, remettant au Grand Chancelier de lOrdre
du Mérite nophile Jean Claude Denogens, la médaille
de lÉchansonnerie de France, au second plan, lAbbé
Bertrand Pomerleau, Grand Prieur et le Docteur Samuel Letendre Grand
Maître. (photo archives) |
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